
Don du sang en Suisse : les règles actuelles pour les hommes gays et bisexuels
Depuis le 1er novembre 2023, les mêmes critères de don du sang s'appliquent à tout le monde en Suisse, indépendamment de l'orientation sexuelle. Nous expliquons comment les règles pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont évolué, de l'exclusion générale à l'évaluation individuelle du risque.
Avant chaque don du sang en Suisse, un questionnaire de santé et un entretien médical préalable sont nécessaires. Le but est de réduire le risque de transmission d'infections comme le VIH ou l'hépatite par le don. Pendant de nombreuses années, cela s'est traduit par un traitement particulièrement strict des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) : la Suisse a longtemps appliqué une exclusion pratiquement totale du don, fondée uniquement sur l'orientation sexuelle. Pour beaucoup de personnes queer et d'associations, cette approche était non seulement médicalement dépassée, mais aussi stigmatisante, car elle traitait globalement tout un groupe comme un risque.
Une première étape majeure a eu lieu en 2017. À la demande de Transfusion CRS Suisse, l'autorité des produits thérapeutiques Swissmedic a alors approuvé la levée de l'exclusion générale. Un délai d'ajournement l'a remplacée : les HSH pouvaient donner si douze mois s'étaient écoulés depuis leur dernier rapport sexuel avec un homme. Juridiquement, ce n'était plus une exclusion, mais en pratique la barrière restait très élevée, presque impossible à franchir pour beaucoup d'hommes en couple ou ayant une vie sexuelle régulière. Les critiques ont donc persisté : la règle restait liée à l'orientation plutôt qu'au risque individuel réel.
Le tournant décisif est intervenu en 2023. Le 24 juillet 2023, sur demande de Transfusion CRS Suisse, Swissmedic a approuvé des critères adaptés ne distinguant plus selon l'orientation sexuelle. Depuis le 1er novembre 2023, les mêmes règles s'appliquent à toutes les personnes souhaitant donner, que leurs rapports soient hétérosexuels ou homosexuels. Ce qui compte n'est plus avec qui une personne a des rapports, mais certains comportements évalués de la même manière pour tout le monde.
Selon cette nouvelle logique, les ajournements sont liés aux nouveaux partenaires sexuels. En simplifiant : une personne qui a récemment eu un nouveau rapport sexuel est ajournée pendant quatre mois ; au-delà de deux nouveaux partenaires durant ces quatre mois, le délai est de douze mois. Ces critères s'appliquent expressément de manière identique à tout le monde. La Suisse suit ainsi une tendance internationale vers l'évaluation individuelle du risque, également adoptée par d'autres pays. Point important : les délais exacts, formulations et exceptions peuvent évoluer et sont clarifiés lors de l'entretien personnel préalable ; les chiffres mentionnés ici sont des repères, pas une réponse contraignante pour une situation individuelle.
Pour la communauté queer, cette réforme compte avant tout sur les plans symbolique et pratique. Symboliquement, elle met fin au message selon lequel les hommes gays et bisexuels seraient un risque en soi. Concrètement, elle permet à davantage de personnes de donner effectivement leur sang : « notre sang sauve aussi des vies », comme le soulignent des organisations telles que Pink Cross et l'Aide Suisse contre le Sida, engagées depuis des années pour l'égalité. Le don n'est toutefois jamais automatique : même après la réforme, toutes les personnes doivent remplir honnêtement le questionnaire, et les ajournements médicaux s'appliquent à chacune.
Queer Switzerland continue de suivre ce sujet et renvoie vers la source officielle. Les critères actuels sont fixés par Blutspende SRK Schweiz / Transfusion CRS Suisse et approuvés par Swissmedic ; l'information officielle la plus récente fait toujours foi. Si tu souhaites donner, vérifie les conditions exactes directement auprès de Transfusion CRS Suisse ou du service régional de transfusion sanguine. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil médical ou juridique. Pour toute question sur la santé sexuelle, le VIH ou la PrEP, tu trouveras un conseil confidentiel auprès de l'Aide Suisse contre le Sida et des Checkpoints régionaux.
Sources & contexte
- Swissmedic ↗Swissmedic · Consulté le 22 juin 2026
Vérifié le :


