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Discrimination au travail : quelle protection pour les personnes LGBTIQ en Suisse ?

La Constitution, la norme pénale et la loi sur l'égalité ne protègent que partiellement les personnes LGBTIQ au travail : le point sur les droits, les lacunes et les contacts concrets.

· 4 min de lecture · Queer Switzerland editorial
Ank gsx · CC BY-SA 4.0

En Suisse, une personne défavorisée au travail en raison de son orientation sexuelle, de son identité de genre ou de ses caractéristiques sexuelles évolue dans un ensemble de règles plutôt que sous une loi unique et claire. La Constitution fédérale fixe le cadre : l'article 8, alinéa 2, interdit toute discrimination, notamment en raison de l'origine, du sexe, de l'âge ou du mode de vie. Le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG), également compétent pour les questions LGBTIQ depuis 2024, y inclut expressément l'orientation sexuelle, l'identité de genre et les caractéristiques sexuelles. Cette garantie constitutionnelle lie toutefois en premier lieu l'État. Dans les rapports entre employeurs privés et personnel, elle n'agit qu'indirectement ; les cas quotidiens dépendent donc des lois concrètes du travail et du droit pénal.

La nouveauté la plus visible de ces dernières années relève du droit pénal. Depuis le 1er juillet 2020, l'article 261bis du Code pénal couvre aussi l'orientation sexuelle : inciter publiquement à la haine ou à la discrimination, rabaisser des personnes en raison de leur orientation sexuelle d'une manière portant atteinte à leur dignité, ou leur refuser une prestation destinée au public est punissable. Le peuple a approuvé cette extension le 9 février 2020 par environ 63 % des voix. Une précision est importante : cette norme vise l'incitation publique et le dénigrement, pas chaque conflit dans la relation de travail. L'identité de genre n'est pas expressément mentionnée dans le texte actuel. Le droit et la jurisprudence évoluant, il faut toujours vérifier la portée exacte dans la source officielle.

Dans la relation de travail elle-même, les principaux instruments sont le Code des obligations et la loi sur l'égalité. Le Code des obligations impose aux employeurs de protéger la personnalité de leur personnel et peut notamment intervenir en cas de licenciement abusif ou de violation du devoir de protection. La loi sur l'égalité couvre toute la vie professionnelle, de l'embauche au salaire et à la formation continue, jusqu'au harcèlement sexuel et au licenciement. Elle est toutefois expressément conçue pour l'égalité entre les sexes. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle n'en relève que si elle constitue aussi une discrimination fondée sur le sexe. L'application de la loi à l'identité de genre ou aux caractéristiques sexuelles n'est pas définitivement clarifiée.

C'est là que réside la principale lacune. Pour le marché privé du travail, la Suisse ne dispose pas d'une loi complète contre la discrimination protégeant l'orientation sexuelle, l'identité de genre et les caractéristiques sexuelles aussi globalement que la loi sur l'égalité protège le sexe. La protection se compose de la Constitution, du droit pénal, du Code des obligations et d'une loi sur l'égalité partiellement applicable, avec des conditions, procédures et charges de la preuve différentes. En pratique, une discrimination au travail peut être clairement ressentie, tandis que le levier juridique adapté dépend des circonstances précises. Les comparaisons internationales et les organisations suisses soulignent depuis des années l'absence de cette base unifiée.

Les personnes confrontées à une discrimination ne sont pas pour autant sans recours. Une première étape consiste à noter les incidents avec leur date, leur lieu et les personnes impliquées, et à conserver messages, e-mails ou témoignages. En interne, la hiérarchie, une personne de confiance ou une représentation du personnel peuvent être les premiers contacts. Au-delà existent les services spécialisés d'organisations LGBTIQ et les autorités cantonales de conciliation, qui offrent une médiation gratuite et facilement accessible, en particulier sur les questions d'égalité. Le BFEG renvoie aussi au portail d'information sur le droit de l'égalité, qui donne accès à des cas documentés des autorités de conciliation et des tribunaux. Pour une évaluation individuelle, un conseil juridique ou un secrétariat syndical reste utile, car les délais et les chances de succès dépendent fortement du cas.

Queer Switzerland continue de suivre ce dossier et renvoie directement vers l'aperçu officiel du BFEG sur les droits des personnes LGBTIQ, où tu peux lire l'état actuel de la Constitution, de la norme pénale et de la loi sur l'égalité. Cet article est une information et non un conseil juridique ; il ne remplace pas une évaluation juridique individuelle. Si tu es directement concerné·e, adresse-toi à un service de conseil spécialisé, à une autorité de conciliation ou à une représentation juridique.

Sources & contexte

  1. Eidgenoessisches Buero fuer die Gleichstellung von Frau und Mann (EBG/BFEG) / Federal Office for Gender Equality ↗Eidgenoessisches Buero fuer die Gleichstellung von Frau und Mann (EBG/BFEG) / Federal Office for Gender Equality · Consulté le 22 juin 2026

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